Mona Fortier

Votre députée de


Ottawa-Vanier

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Lettre ouverte aux conseillers municipaux

Cher conseiller,

J’écris à propos de la proposition de l’Armée du Salut concernant le 333, chemin de Montréal, qui est actuellement devant le comité de planification de la ville d’Ottawa.

C’est avec une grande préoccupation que j’ai pris la décision de vous parler ainsi qu’à vos collègues au conseil municipal de cette proposition. Je respecte profondément votre droit de prendre des décisions au niveau municipal pour les questions de nature municipale. Cependant, je crois aussi fermement que les trois paliers de gouvernement ont la responsabilité sociale de travailler de concert pour le bien-être de nos collectivités, auquel chaque gouvernement consacre les ressources et l’expertise dont il dispose.

Permettez-moi de commencer par les considérations de planification techniques qui, je crois, soutiendront la décision de refuser la modification demandée au plan officiel. Le but d’une rue principale traditionnelle tel que défini par la Ville d’Ottawa est :

(1) permettre un large éventail d’utilisations, notamment de vente au détail, d’entreprises de services, de bureaux, d’habitations et d’institutions, y compris des utilisations polyvalentes — à l’exception des utilisations connexes à l’automobile — dans les secteurs désignés « rue principale traditionnelle » dans le Plan officiel;


(2) favoriser et promouvoir les aménagements compacts, polyvalents et axés sur le piéton, accessibles à pied, à bicyclette, par le transport en commun et en automobile;


(3) tenir compte de la fonction qu’ont les zones d’amélioration commerciale en tant que secteurs principaux d’affaires ou de magasinage; et


(4) imposer des normes d’aménagement qui veilleront à assurer la continuité et à sauvegarder l’échelle et le caractère de la rue ainsi que la compatibilité et la complémentarité des utilisations avec les utilisations environnantes.

En ce qui concerne le personnel de la Ville d’Ottawa qui a préparé le rapport de planification sur cette proposition, je crois que celui-ci  a négligé des sections critiques des lignes directrices ci-haut. Plus précisément, l’exigence de développement pour «favoriser et promouvoir» le développement axé sur les piétons. La proposition devant vous ne favorise pas, ni fait la promotion d’une communauté davantage piétonne. En fait, les problèmes de sécurité, y compris l’usage public de l’alcool, du tabac et d’autres produits (légaux ou illégaux) rendront encore plus difficile le caractère piétonnier de ce quartier.

Deuxièmement, tout développement devrait «reconnaître la fonction des zones d’amélioration commerciale» en tant que zones commerciales principales. Comme vous le savez certainement, les entreprises locales et, plus important encore, la ZAC Vanier ont été fermes dans leur opposition à cette proposition. Les propriétaires d’entreprises et le milieu des affaires de Vanier et des environs, qui comprennent le mieux l’environnement local, ont déclaré sans équivoque que cela ne favorisera pas le développement économique et commercial. Les partisans du développement soutiendront l’étude économique – à mon avis profondément erronée – qui a été développée. Je vous encourage à lire le rapport dans son intégralité et à demander à ses partisans où l’organisation prévoit recueillir les fonds supplémentaires qu’elle offre comme son propre investissement annuel dans la communauté, tel qu’il est indiqué au tableau 6.1 du rapport.

Troisièmement, les règles indiquent explicitement que tout développement proposé garantit la continuité, l’échelle et le caractère de la rue. À cet égard, je dirais encore que le personnel vous a mal conseillé. La densité de développement avec 60 ou 26% – plus de lits que l’Hôpital Montfort- va considérablement et à mon avis créer un niveau déséquilibré de circulation piétonne. De plus, l’impact de 350 hommes qui se rendent au centre-ville en marchant ou en autobus chaque jour poussera davantage les résidents vers leurs véhicules. La modification proposée au règlement sur le stationnement afin de permettre moins de places de stationnement sur place que ce qui est actuellement autorisé par la Ville d’Ottawa va créer de nouvelles perturbations sur les routes résidentielles et artérielles.

En plus de mes considérations sur la planification directe, j’aimerais souligner brièvement, mais très clairement, mes préoccupations concernant les services à fournir au 333, chemin Montréal. Les services sociaux, en particulier ceux qui soutiennent nos sans-abri et ceux qui souffrent de dépendance, sont essentiels dans notre société. Il y a des considérations morales et pratiques sur la raison pour laquelle nous devons travailler en collaboration pour faire en sorte que ces services soient offerts de la manière la plus efficace possible.

À mon avis, il  serait irresponsable- tout en respectant les règles explicites régissant le Comité de l’urbanisme- de discuter de cette proposition sans tenir compte de son impact sur les clients de ces services. En tant que tel, je voudrais soulever quelques considérations pour vous.

Premièrement, en ce qui concerne l’emplacement proposé, des experts de partout au Canada,ont indiqué qu’ils considéraient qu’il s’agissait d’un modèle régressif de prestation de services. Bien qu’il soit économiquement avantageux pour le fournisseur de services de créer de grandes installations, il n’aborde pas les problèmes de système auxquels sont confrontés ses clients. Les déterminants sociaux de la santé orientent explicitement les décideurs politiques tels que nous-mêmes à considérer la probabilité de réussite pour les clients. Plus précisément, la probabilité d’acquérir du travail dans leur quartier, la disponibilité d’aliments frais abordables et sains et l’existence de ressources gouvernementales pour répondre à leurs besoins. Le tronçon entourant le 333, ch. Montréal ne contient rien de cela.

En outre, les fournisseurs de services sociaux existants sont déjà trop minces dans le voisinage. Tous ont publiquement ou en privé exprimé leurs préoccupations pour leurs clients existants, ainsi que ceux à venir. Je suis très préoccupée par le fait que les centres de soutien pour les autochtones, les familles et les femmes feraient courir un plus grand danger à leurs clients en augmentant le nombre de clients dans la région.

Enfin, je suis préoccupée par le manque de financement disponible pour cette installation. À maintes reprises, les promoteurs ont refusé de répondre aux manques d’exploitation et de capital pour cette proposition. Dans le cas d’un organisme financé à 75 p. 100 par le gouvernement, je crois que vous avez l’obligation fiduciaire de vous présenter un plan d’affaires qui comble le manque à gagner. Les besoins de financement de ce projet nécessitent un examen minutieux au niveau des immobilisations et des opérations.

Au cours des prochaines semaines, la stratégie fédérale sur les sans-abri et la lutte contre la pauvreté sera publiée. Elle servira de feuille de route pour mettre fin à l’itinérance dans notre pays. Je suis particulièrement préoccupée par le fait que cette décision puisse être prise dans le vide sans les informations préalables. Avec ma collègue provinciale et d’innombrables membres de la communauté et des services sociaux de Vanier, j’ai proposée de venir à la table afin de trouver une solution compromise qui fonctionnerait pour tous. Malheureusement, cela a rencontré une opposition indéniable des promoteurs.

Je vous incite fortement à refuser les modifications décrites dans la proposition et à insister pour que les promoteurs travaillent avec les intervenants afin de trouver une option plus appropriée pour la communauté et les clients.

 

Bien à vous,

 

Mona Fortier Députée d’Ottawa-Vanier